Il y a quelques temps de ça, je suis tombé-e par hasard sur
ce siteJe me suis attardé-e sur leur vision de l'épilation que j'ai trouvé très intéressante :
http://www.ecologielibidinale.org/fr/mi ... ion-fr.htmMorceaux choisis :
S'épiler est nuisibleS'épiler (ou se raser) :-ça dessèche la peau (les poils ont pour fonction de réguler l'humidité de la peau) ;
-ça fragilise la peau et favorise les infections ;
-ça empêche la diffusion et/ou la production des phéromones ;
-ça fait mal (cire, laser) ;
-ça blesse (rasoir) ou cela occasionne des rougeurs, des boutons...
-ça cause des démangeaisons quand les poils repoussent ;
-ça enlaidit : les poils d'origine sont beaux et doux mais les repousses le sont moins, sans compter la multiplication des poils incarnés ;
-ça fait perdre du temps : pendant qu'on fait ça, on ne fait pas autre chose de plus intéressant ou de plus utile (s'instruire, agir, se faire des amis...) ;
-ça coûte cher (appareils, institut, cire, crèmes) ;
-ça pollue : industrie des crèmes dépilatoires et rasoirs jetables.
Les pseudo-arguments utilisés pour justifier l'épilation n'ont aucune valeur, ils relèvent de l'obscurantismeIls disent (les marchands, dans leurs magazines féminins ou masculins) :
"les poils ce n'est pas esthétique"Depuis quand ? Est-ce à eux de définir les critères esthétiques ? Cette idée dévalorise le corps des femmes, leur beauté à l'état naturel.
Ils disent :
"les aisselles non épilées ça pue"Ils ne connaissent pas le savon ? Ils ne savent pas non plus que les poils ont justement pour fonction de réguler la sudation... et que les déodorants (et l'arrachage des glandes sébacées à la base du poil) suppriment les phéromones indispensables à une communication harmonieuse. Penser que toute odeur corporelle est nécessairement une mauvaise odeur relève aussi d'un conditionnement.
Ils disent :
"s'épiler c'est prendre soin de soi"S'abîmer la peau, c'est cela prendre soin de son corps ?
Elles/Ils disent :
"ça fait la peau douce"Lorsque l'on est caressé sur la peau, les poils participent de la sensation. Lorsqu'on les a enlevé on perd cette dimension de la sensation. De plus lorsqu'on se rase il faut le faire quasiment tous les jours pour avoir la peau "douce" sinon ça râpe et pique.
Elles disent :
"toutes mes amies le font"Celles qui ne le font pas le cachent et n'osent pas le dire, quand à celles qui le font beaucoup le font par contrainte ou conformisme. Brisez le consensus apparent et vous rallierez de plus en plus de femmes à votre cause.
Elles/Ils disent :
"c'est une question de respect des autres"Pour un intégriste, une femme qui sort dans la rue sans foulard lui manque de respect !
Qui est intolérant ? Ceux qui montrent du doigt et regardent de travers les femmes naturelles. Respectez le choix de celles qui n'ont pas envie d'abîmer leur corps ni de se plier à cette norme sociale.
Elles disent :
"je le fais pour mon homme"Le leur a-t-il vraiment demandé ? Les femmes surestiment le nombre d' hommes qui n' aiment plus les poils. De plus pour la plupart des jeunes hommes c'est une opinion a priori : ils n'ont jamais vus de poils sur un corps de femme ! Beaucoup d'hommes sont aussi aliénés par cette norme. Mais cela n'est pas irréversible...
L'épilation participe de la répression de la sexualitéL'épilation : un enjeu féministe et lié à la sexualité- L'épilation rend symboliquement le femme mineure et la désexualise car le poil, apparaissant à la puberté, est un signe de maturité sexuelle ;
- L'épilation (d'autant plus si elle est intégrale) banalise l'image d'un corps désirable de petite fille : ne banalise-t-elle pas la pédophilie ?
- Symboliquement la touffe de poil des aisselles renvoie aux poils pubiens (on peut le lire sous la plume d'écrivains ou commentateurs notamment du XIXème siècle) donc l'enlever est une dé-érotisation. Il en va de même pour les poils qui dépassent du maillot. De plus l'épilation et la désodorisation suppriment les phéromones (dimension olfactive de l'érotisme).
- S'épiler (ou se maquiller...) c'est "se FAIRE belle". Autrement dit cela signifie que la femme naturelle est laide (c'est une des idées les plus misogyne qui soit !).
- Cette norme est sexiste puisqu'elle demande aux femmes de faire des efforts qui ne sont pas demandés aux hommes. Mais cela change...
- Depuis des siècles prédomine dans les représentations médicales et psychologiques l'idée que la femme est incontrôlable, hystérique et plus proche de la nature que l'homme. Ces idées perdurent dans "l'inconscient collectif". Les hommes ont toujours cherché a contrôler les femmes. Contraindre leur corps en est un des moyens, il est d'autant plus efficace que la femme s'autodiscipline.
- C'est une lutte féministe pour le droit à disposer de son corps et à en préserver l'intégrité. Les féministes ont obtenu des avancées sur le plan légal mais on peut craindre un recul insidieux par le biais de cette "colonisation des esprits" (aliénation). Aujourd'hui, pour une femme, ne pas s'épiler les aisselles est devenu un acte militant !
Comment la publicité a-t-elle détournée les idées féministes ?L'un des procédés de la "propagande glauque" que constituent les discours et images médiatiques, notamment publicitaires, consiste à récupérer des mots porteurs de sens politique et à les vider de ce sens. Ainsi en est-il du mot "liberté" qui se retrouve prendre le sens de bien-être, confort sur les innombrables publicités qui l'utilisent de nos jours.
De la même manière, la publicité a construit un modèle de la femme "libérée", "active" comme étant une femme constamment soucieuse de son apparence (parfois jusqu'à l'anorexie...) et constamment sexy. Soit exactement le modèle de la femme-objet que les féministes ont toujours rejeté ! Du coup aujourd'hui une femme qui s'épile intégralement le sexe s'imagine sexuellement "libérée"... et ne voit pas en quoi cela serait opposé aux idées féministes.
Épilation du maillot = épilation cache-sexe !A quoi sert un maillot de bain ? Pas à mieux flotter... Le maillot est purement et simplement destiné à cacher le sexe (parce que, vous comprenez, "si un enfant voyait cela, Oh mon Dieu !". Il faudra que l'on nous explique en quoi un sexe est choquant, mais c'est un autre sujet). Or si des poils pubiens dépassent ils évoquent ce sexe qui est caché. C'est la raison principale de l'épilation ou du rasage des poils qui dépassent, bien plus que les raisons esthétiques qui sont invoquées : la dimension de répression sexuelle qui s'attache à l'épilation reste généralement inconsciente (refoulement) et elle est niée si on la met à jour.
D'ailleurs cela n'est pas sans rappeler l'interdiction de montrer des poils pubiens dans les films qui sont distribués au Japon. Cette interdiction a été calquée sur celle que la MPAA (organisme de régulation de la production cinématographique des U.S.A.) avait édictée dans les années 1930.
De même si les poils ont été bannis de la peinture occidentale pendant des siècles, c'est bien en raison de leur pouvoir d'évocation érotique.
L'épilation participe de l'aliénation socialeL'épilation : norme et idéologie- L'épilation est un domaine sur lequel il existe un consensus apparent : une illusion de consensus (car celles qui ne sont pas d'accord n'osent pas faire entendre leur voix) : donc faire son « coming out » brisera l'apparence de consensus ;
c'est un domaine ou règne la propagande et la pensée unique (c'est à dire l'absence de pensée) ;
- L'épilation constitue un bon exemple d'artificialisation et d'aseptisation du corps (rejet de la nature) ; le corps doit être rendu socialement acceptable pour pouvoir être montré ;
- L'épilation est une norme, elle se maintient par le contrôle social (regard appuyés, remarques désobligeantes, conseils "amicaux", mise à l'écart...) qu'exercent sur les femmes "déviantes" (en fait résistantes !) celles qui ont intériorisé la norme. L'idéologie libérale prétend que "chacun est libre de faire ce qu'il veut", ce n'est pas du tout le cas en matière d'épilation à cause de cette pression sociale qui s'exerce.
- La "mode" de l'épilation a pour but de faire du bénéfice sur le dos des femmes, la marchandisation du corps est bien une des dimensions de l'idéologie capitaliste libérale ;
- Le corps dont la publicité veut faire rêver a pour référence négative l'animalité ; et pour idéal implicite : la chose, la machine. Bref la déshumanisation.
- Ce sujet a une dimension culturelle car il s'agit de la redéfinition des critères esthétiques par des intérêts économiques ;
- Ce sujet montre comment le politique et l'économie touchent le domaine le plus intime : notre corps et son intégrité (le corps marchandise). Cela illustre le célèbre slogan féministe « le privé est politique ».
- Ce sujet permet de décliner les théories de la psychologie sociale et de la psychanalyse politique Reichienne en quelque chose de concret et qui concerne la majorité des gens dans leur quotidien.
- L'exemple de l'épilation montre comment une pratique et les valeurs associées, favorables aux classes dominantes (à ceux qui font du profit ; aux hommes puisque la femme est dévalorisée) est intégrée par les dominés. On retrouve là le processus de "matérialisation de l'idéologie dominante dans la structure psycho-corporelle des individus noyés dans la masse" décrit et expliqué par Wilhelm Reich dans "psychologie de masse du fascisme".
L'épilation, un "choix personnel" ?La grande majorité des personnes qui s'épilent nous expliquent que c'est par choix personnel qu'elles le font. Or il se trouve que - comme par hasard - ce "choix" est le même pour une très grande majorité de femmes. Ce qui fait de la pratique "personnelle" de l'épilation l'une des pratiques les plus conformiste qui soit. Un comble dans une société qui - individualisme oblige - valorise l'anti-conformisme !
Ceci n'exclu pas qu'en effet certaines femmes fassent le choix personnel de s'épiler. Ceci suppose un choix éclairé, c'est-à-dire qu'il s'agit de personnes conscientes de l'influence sociale en la matière, et au fait des multiples inconvénients physiologiques de l'épilation. Ces femmes choisissent alors néanmoins de faire l'expérience d'un corps épilé. Il ne peut donc s'agir que d'une très petite minorité.
Police imaginaire«Les Occidentaux n'ont pas besoin de payer une police pour forcer les femmes à obéir, il leur suffit de faire circuler les images pour que les femmes s'esquintent à leur ressembler.» Fatema Mernissi dans Le Harem et l'Occident
Comment en est-on arrivé là ?Aux États-Unis, où l'épilation a commencé plus précocement qu'en Europe, une étude de sociologie à montré comment les publicités et le rédactionnel des magazines féminins ont peu à peu (de 1915 à 1945) imposé cette norme. Au fur et à mesure que les femmes s'autorisaient à montrer un peu plus de leur corps, elles étaient rattrapées par l'épilation qui est en définitive une façon de les rhabiller (ainsi elles ne sont plus "à poil" !).
On peut penser que le succès de cette offensive publicitaire a été favorisé par des tendances sociales favorables : la répression sexuelle (le poil étant un signe érotique), la dévalorisation du corps, de la femme, du corps de la femme.
On pourra aussi remarquer que les mots qui reviennent avec une grande constance pour justifier la pratique de l'épilation sont les mots "esthétique" et "hygiénique". Ces mots ne sont pas des mots de la langue courantes (à l'inverse "joli", "propre" sont beaucoup plus rarement utilisés). "Esthétique" et "hygiénique" appartiennent au vocabulaire des magazines féminins (et de la publicité) qui les utilisent pour donner une connotation savante ou médicale à leur propos afin de leur donner plus de légitimité.
Texte complet :
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http://www.ecologielibidinale.org/fr/mi ... ion-fr.htm <
N'oublions pas que depuis la publication de ce texte, l'épilation masculine Même si les hommes sont encore moins touchés que les femmes par les diktats de l'épilation, elle commence à dangereusement se banaliser pour eux aussi.
Alors, vous en pensez quoi ? Est-ce que vous vous épilez ou vous rasez ? Est-ce que vous seriez prêt-e à ne plus le faire ? 