Bonjour à tous!
Je viens de découvrir votre forum, grâce à une personne qui m'a orientée, et je suis soulagée! Enfin, des témoignages de couples A/S qui vivent la même chose que moi, de personnes qui se racontent et me racontent en même temps, et aussi de certains qui m'aident à comprendre un peu mieux la personne que j'aime.
Je vais vous raconter un peu mon couple, d'une part car cela me fera du bien d'en parler en sachant que vous me comprendrez, et aussi pour apporter un témoignage supplémentaire sur la vie d'un couple A/S.
Je suis une fille S de 24 ans, croyante et pratiquante (

), avec une libido très présente dans ma vie, homo à tendance bi.
J'ai rencontré il y a 3 ans une femme de qui je suis très rapidement tombée amoureuse, et réciproquement. J'ai découvert une délicieuse amante, malheureusement peu portée sur la chose. Elle sortait de dépression quand je l'ai rencontrée, était encore sous antidépresseurs, et j'ai pensé que peut-être cela pouvait venir de là. Puis, elle a arrêté les cachets, mais nos rapports ont été de plus en plus espacés quand même. A chaque fois j'arrivais à trouver des circonstances qui pouvaient réduire sa libido, problèmes financiers, familiaux etc., et pendant ce temps, nos rapports s'espaçaient toujours plus. Évidemment, j'ai très vite ressenti de la frustration, mais aussi et surtout beaucoup de tristesse. De ne jamais voir le désir dans les yeux de ma compagne, je me suis énormément remise en question. “Je ne dois pas être assez jolie, je dois être trop mince, mauvaise amante etc.”. Elle avait beau me rassurer, me dire que non, tout cela venait d'elle, j'avais du mal à le croire. Je n'ai jamais voulu la forcer, ni la pousser à faire quelque chose qui ne lui faisait pas envie, alors à force d'essuyer des refus, toujours blessants, j'ai arrêté d'essayer. Ce n'est pas moins frustrant mais au moins, ce n'est pas blessant. J'ai commencé à me dire: je suis jeune, et je suis déjà frustrée sexuellement, je me connais, je SAIS que je ne vais pas pouvoir tenir toute ma vie comme ça, je refuse de prendre le risque de me réveiller un matin à 50 ans et me dire “Mince, je suis passée à côté de toute une facette de ma personnalité”.
Bon, pour être honnête avec vous... la fidélité, ça n'a jamais été une de mes vertus. Déjà, parce que j'ai du mal à me passer d'un de deux sexes, et ensuite parce que je n'ai pas envie de me contenter d'une seule personne dans ma vie, j'ai envie de profiter à fond de la vie. J'en ai parlé très rapidement après notre rencontre à ma compagne, avant même que notre incompatibilité sexuelle ne nous crève les yeux. Par soucis d'honnêteté, qu'elle sache à quoi s'en tenir aussi avec moi, parce que ce n'est pas quelque chose de facile à accepter pour n'importe qui. Moi je sais très bien faire la part des choses, je suis tout à fait capable d'avoir des rapports sexuels avec quelqu'un sans pour autant avoir une once de sentiments amoureux pour lui ou elle. Mais avant de mettre tout ça en pratique j'avais quand même besoin de lui laisser le temps d'y réfléchir, de savoir dans quelle mesure elle pourrait l'accepter etc.
Alors comme vous devez vous en douter à ce niveau du récit, à ce moment là aucune de nous deux ne connaissait le terme “asexuelle”, et nous ne comprenions pas trop le pourquoi de cette absence de désir. J'ai même un peu honte maintenant, mais je lui ai suggéré d'aller en parler avec un spécialiste, que peut-être elle pourrait se faire aider.
Il y a peu, sur un forum, je suis tombée sur des discussions qui parlaient d'asexualité, et en approfondissant un peu, j'ai trouvé que tout ça collait parfaitement avec ce que vivait ma copine. Je l'ai orientée là dessus, et elle m'a confirmé qu'effectivement, elle se retrouvait assez là dedans. D'autant qu'elle a toujours été comme ça, même si avant, elle a eu beaucoup de rapports, c'était surtout pour faire comme les autres, pour essayer d'avoir une vie de couple normale etc. mais elle m'a avoué que souvent, c'est son manque d'appétit sexuel qui mettait un terme à ses relations. Comment être sûre qu'elle est asexuelle et que ce n'est pas un problème hormonal? (comme me l'a suggéré un asexuel que j'ai contacté sur cet autre forum) Je n'en sais rien, mais j'imagine que c'est la même chose que de savoir qu'on est bi, hétéro, homo...
Sur le coup le terme asexuel m'a été comme un coup de massue, puisque dans ce cas, il n'y a plus aucun espoir qu'un jour, sa libido remonte... mais d'un autre côté, au moins, cette fois je suis sûre que ça ne vient pas de moi, et qu'elle ne peut rien y faire. On peut donc repartir sur de bonnes bases dans le respect de chacune, et je la soutiendrai toujours à fond.
Notre équilibre pour l'instant est assez simple, je m'épanouis sexuellement en dehors de mon couple, et pour le reste, nous vivons une entente parfaite, et envisageons de construire notre vie ensemble. J'en viens même à me demander si finalement, moi qui pensait au début que je n'avais pas de chance d'être tombée sur quelqu'un avec si peu de désir, je n'avais pas au contraire rencontré exactement la personne qu'il me faut.
J'ai quand même peur pour l'avenir. Cette situation et ce mode de vie nous convient maintenant certes, mais nous ne sommes ensemble que depuis 3 ans. Qu'en sera-t-il dans 5 ans? Dans 10 ans?
Cela dit j'imagine que même dans un couple S/S ou A/A, on ne peut pas non plus avoir de certitudes. J'ai peut-être même un avantage, puisque moi, je sais déjà que ma compagne n'a pas de libido, et je ne vais pas être confrontée au fil du temps à une baisse de désir, et ne me trouverai donc pas désarmée.
C'est donc pour avoir d'autres témoignages, peut-être pour me rassurer aussi sur la pérennité de mon couple que j'ai décidé de vous raconter tout ça.
C'est la fin de mon témoignage, merci à ceux qui auront pris le temps de me lire! A bientôt!