Jamesie a écrit :
Je pense que notre monde est devenu boulimique de sexe.
Pas tout à fait non. En vérité il l'a toujours été, c'est juste que maintenant les gens ne se cachent plus (s'affichent même !) depuis la libération sexuelle. Il ne faut pas croire que l'amour romantique était roi auparavant: Peut-être en apparence mais c'est tout.
De tout temps le monde a toujours été chaud lapin: Je pense notamment aux sociétés antiques, grecques et romaines, qui ne reposaient pas sur les valeurs judéo-chrétiennes, si bien que la notion de sexualité et tout ce qui l'entourait était complètement différente.
Et même sous "l'empire" de la religion, le monde était loin d'être asexué: Les monarques par exemple, n'avaient pas l'esprit d'un pape si je puis me permettre.
Jamesie a écrit :
Et comme à chaque fois quand une extrémité de quelque chose se développe automatiquement l'autre extrémité se développe.
Attention, évitons les amalgames: L'asexualité ne s'est pas construite en fonction des moeurs actuelles et ne résulte pas d'un mouvement réactionaire; c'est une orientation sexuelle qui a toujours existé et qui ne fait absolument pas écho à l'hypersexualité, mais à la bisexualité. Comme l'homosexualité vis à vis de l'hétérosexualité.
A ne pas confondre avec les mouvements puritains venant des États-Unis qui prônent l'abstinence avant le mariage, la pureté et tout et tout...
Jamesie a écrit :
A mon avis, les gens "manipulés" par notre société trouvent normal de découvrir une sexualité pour maintenir un amour ou pur désir.
Le problème ne provient pas du fait que ces personnes jouissent d'une sexualité épanouie et/ou débridée, mais plutôt que tout le monde devrait adopter leur mode de vie.
Vouloir instaurer une pseudo-normalité: voilà le réel problème.
Jamesie a écrit :
Mais en vérité je pense qu'il ne faut pas perdre de vu le premier but du sexe. De faire des enfants.
Oui, à la base le sexe n'existe que pour la reproduction. Reproduction sexuée qui permet une meilleure adaptation à l'environnement et de meilleures chances de survie, contrairement à une reproduction asexuée, sans partenaire donc.
Ensuite l'évolution a permis de faciliter cette reproduction par le plaisir, si bien qu'il est passé au premier plan de nos jours.
On en vient à l'hypocrisie de la société hétéronormée, qui stipule que la normalité c'est un homme avec une femme, car cela permet la perpétuation de l'espèce.
Sauf que la sexualité d'aujourd'hui n'a rien à voir avec la procréation, y compris chez les hétéros: Combien de rapports dédiés à la fécondation sur le nombre de rapports sexuels totaux ? Un nombre dérisoire certainement.
Les moyens de contraception, c'est censé être naturel ça ?
Jamesie a écrit :
Et donc, je pense, que le désir pourra naitre pour nous le jours où nous voudrons des enfants, pas parce que l'instinct maternelle se fera plus fort mais parce que en face de nous on aura une personne absolument magnifique qu'on voudra "la multiplier" si je puis dire
Oui, ou pas. Le désir d'enfant n'ayant pas forcément de corrélation avec le désir sexuel. Disons que votre schéma est le plus logique si l'on veut rester dans l'ordre des choses.
Jamesie a écrit :
Mais je suis convaincue que le jour où je voudrais/essayerai d'avoir des enfants, mon désir pour lui se développera naturellement, parce que certainement que ça légitimera quelque chose que l'on trouve inutile, crade, ou perverti...
C'est possible. Nous avons beau être asexuels, nous avons différentes manières de l'être, de le vivre, de le ressentir, de l'interpréter...si bien que nous formons certainement la "communauté" le plus hétéroclite d'une minorité sexuelle la moins répandue.
L'avantage c'est qu'on arrive à se comprendre mutuellement, dans le sens où nous avons un dénominateur commun: Pas de désir pour les autres.
Jamesie a écrit :
j'espère que je me suis bien exprimé, courage à toi.
C'est très gentil pour elle, mais son message date un peu.
