J'ai répondu à l'appel. L'entrevue au téléphone a été agréable. Ne vous effrayez pas du mot "choix", ce n'est pas quelqu'un qui va nous faire une soupe à la TF1. (Je suis encore traumatisé par le reportage asexuels = moines). Simplement, vu la désinformation sur le sujet, la confusion est franchement excusable... Et Télémoustique (auquel on est abonné dans la famille) est souvent à l'avant-garde pour les dits "phénomènes de société". Bref, ce n'est pas Arte mais c'est déjà de la bonne vulgarisation.
Donc ça a été bien expliqué au téléphone aussi qu'un asexuel est quelqu'un qui n'éprouve pas le désir d'avoir des relations sexuelles, sans que des impératifs religieux ou qu'une pathologie mentale détermine ce non-désir.
Une fois de plus, j'ai aussi insisté sur une réalité qu'on voit peu exposée sur le forum de l'AVEN : le formidable continuum dans les modalités d'attachements affectifs de l'être humain. Un asexuel ne ressemble pas à un autre, dans son non-désir. Tout comme un hétéro ou un homo ont des pratiques qui leur sont propres. Puis il y a aussi des moments de doute. Si l'"asexualité" est une orientation à part entière, des passerelles existent avec le désir de relations. Tout comme les hétéros qui peuvent avoir des passages homo et vice-versa. Je pense que Kinsey et les autres chercheurs américains ont des années d'avance sur nous dans le domaine.
Enfin, j'en suis là de mes réflexions. Elles ont beaucoup évolué ces derniers temps avec l'écriture de mon troisième roman qui aborde le sujet dans toutes ses nuances et avec une analyse sociologique sous-jacente. (Emergence de communautés "A" au moment où la société de consommation véhicule une image du sexe comme "consommation l'autre" avec la dérive possible d'une sexualité comme "pouvoir sur l'autre. Ce qui ne veut pas dire que l'asexualité est une réaction, non c'est un état, mais qui se revendique en tant que tel à cette époque car la pression sociale autour du sexe est devenue trop forte pour les personnes asexuelles).
Evidemment dans ce roman, toutes ces réflexions sont implicites pour ne pas plomber le récit. Ca reste un thriller. Sortie prévue en 2012 (un livre par an maximum). Je ne donne pas mes coordonnées complètes, comme j'ai simplement dit de me nommer par mon seul prénom dans le reportage. Je veux en effet dissuader les simples curieux, ne pas donner l'impression de me faire passer pour un phénomène juste pour vendre ce livre dont on a déjà parlé dans l'autre reportage. Les personnes intéressées arriveront à me joindre au bout de quelques simples recherches. Et puis, je m'en fous de l'argent, du moment que mes revenus sont suffisants.